Assistant(e) maternel(le) vous avez dit agréé(e) ?

Assistante) maternel(le) agréé(e) me dites vous ? A quoi ça sert d’être « agréé(e)  » ? Dans le temps on gardait bien les enfants « comme ça » , amie, voisine ou jeune maman. Dans des temps plus reculés encore, les grands parents gardaient leurs petits enfants pendant que les parents travaillaient aux champs.

Oui, c’est vrai, mais les temps changent et heureusement c’est pour le mieux et le bien des enfants.

Il est vrai aussi que bien des grands parents sont tout à fait capables de s’occuper de leurs petits enfants. Mais il faut aussi réaliser que de nos jours nous sommes bien loin de l’image d’épinal de mamie au coin du feu qui garde un oeil sur les enfants. Les grands parents modernes sont souvent en forme et actifs, ils veulent du temps pour eux, voire certains travaillent encore ! La copine ou la jeune maman d’à coté qui garde son bébé en congé parental est peut être aussi motivée et à même de s’occuper des bambins des autres.

Mais parmi toutes ces bonnes volontés, combien sont réellement prêts à gérer plusieurs enfants en même temps ? Combien savent-ils réellement comment nous sommes formées et ce qu’est notre métier au quotidien ? Oui, vous avez bien lu, je parle d’un métier, un vrai avec ses responsabilités. Alors voici un petit explicatif qui pourrait s’intituler comme suit : qui sommes nous ? Comment sommes nous formé(e)s ? Quelles garanties offrons nous ? A quoi ressemblent nos journées?

Qui sommes nous ?

Nous sommes pour la plupart des mamans avant tout, avec des enfants plus ou moins grands : des tout petits, en âge scolaire, déjà partis faire des études, ou alors un mix de tout cela. Nous avons donc une famille, d’où la force et la particularité de l’accueil que nous proposons à vos enfants « un accueil familial ».

C’est un choix de vie, passionnant et sans routine ! Mais c’est aussi parfois difficile à la fois physiquement et moralement. Cela n’engage pas que nous, notre famille doit accepter aussi ce choix car elle va devoir partager son temps et son espace avec les enfants dont nous avons la charge, parfois tôt le matin et jusque tard le soir. Pas facile de devoir prêter sa maman quand on est petit. Pas simple non plus d’être un ado et de devoir laisser sa chambre pour la sieste d’un petit l’après midi et parfois aussi le matin !

Nous avions probablement un autre métier avant, en relation ou non avec la petite enfance. Les profils sont très variés : auxiliaire puéricultrice, assistante commerciale, pharmacienne, infirmière, maçon ou encore animateur pour enfants. Et oui, il y a aussi des assistants maternels. Certains ont donc une expérience précédente auprès des enfants et d’autres non, mais pour tous il y a eu le jour où nous avons eu un déclic et où nous avons demandé un dossier auprès de la Protection Maternelle et Infantile.

Etre prêts à tout !

La première étape est d’assister à une réunion explicative pour y découvrir les avantages et inconvénients du métier d’assistante maternelle. Ensuite vient la visite de la puéricultrice à notre domicile. Tout est passé au peigne fin : motivation, organisation, matériel, famille et bien sûr notre maison.

Nous devons expliquer ce qui nous a conduit à vouloir être assistant maternel. Il faut imaginer des solutions à toutes sortes de situations. La plus incongrue ? Que faites vous des enfants lorsque vous allez aux toilettes ? Nous devons penser à tout ! Le matériel doit être adapté et homologué : les lits comme les poussettes ou les sièges autos. La voiture doit être assez grande pour transporter tout le monde dans des conditions de sécurité optimales. On nous demande souvent de mettre nos enfants à la cantine, nous devons fournir les casiers judiciaires de tout adulte vivant sous notre toit, les carnets de santé des animaux.

La maison doit être au top : sécurisation de toutes les fenêtres, placards et tiroirs, salles de bains fermées, prises électriques protégées, barrière dans les escaliers en haut et en bas….. et nous devons être assurées pour la maison et pour la voiture. Ensuite vient la formation.

Des professionnels de la petite enfance

La formation est obligatoire pour obtenir l’agrément. Son contenu et les conditions dans lesquels elle doit être effectuée sont encadrés par la loi, il s’agit des articles D. 421-44 à D. 421-51 du Code de l’action sociale et des familles. Depuis le 1er janvier 2019 elle se compose de 120 heures réparties de la façon suivante :

– 80 heures qui se terminent par une évaluation. Si l’évaluation est bonne l’organisme de formation délivre une attestation donnant le droit d’accueillir un ou plusieurs enfants.

-40 heures qui doivent être effectuées dans les 3 ans maximum.

La formation a évolué récemment : elle équivaut au premier bloc du CAP petite enfance qui a lui aussi été révisé. Finis les cours pour apprendre à repasser des torchons ou à coudre des boutons ! Aujourd’hui les assistantes maternelles sont formées pour accompagner vos enfants dans leur développement, leur épanouissement, leur éveil, leur socialisation et leur autonomie. Nous devons aussi être en mesure de procurer à l’enfant un environnement lui garantissant une sécurité physique ainsi qu’affective. Pour ce faire nous recevons un enseignement sur le développement et la santé de l’enfant, l’hygiène et les premiers secours. Nous effectuons un stage auprès des pompiers avec des mises en situation propres à notre métier et nous devons nous « recycler » tous les deux ans.

En parallèle nous avons avons aussi des cours sur les cadre légal de notre métier : nos droits et obligations, les relations avec les parents etc…

Complétée par des stages en structure (crèche par exemple), la formation est complète et fait de nous de vrais professionnels de la petite enfance. On n’apprend plus sur le tas, même si on en apprend tous les jours : )

Une garantie financière

Il faut bien l’avouer l’argent fait partie de la décision. Justement l’emploi d’un(e) assistant(e) maternel(le) vous donne accès aux aides de la Caisse d’Allocations familiales ainsi qu’aux réductions d’impôts. Le choix d’un contrat en particulier vous permet aussi de coller au mieux aux jours et horaires dont vous avez besoin et cela fait foi en cas de désaccord.

Une journée type ?

La routine dans notre métier ça n’existe pas ! Aucun jour ne ressemble au précédent. Bien sûr nos journées sont rythmées par l’arrivée des enfants, les repas, les siestes et les départs des enfants le soir sans oublier les changements de couches ! Surtout il ne faut pas oublier que nous accueillons souvent des enfants d’âges différents : ils n’ont pas tous les mêmes besoins en même temps. Il y a les biberons des plus petits et les repas des plus grands. Les siestes aussi sont parfois décalées. Tout cela donne parfois lieu à des situations cocasses…

Imaginez, c’est l’heure du repas et vous avez quatre enfants :

  • le plus petit, 3 mois, pleure parce qu’il vient de boire son biberon et qu’il a les fameuses coliques du nourrisson.
  • le deuxième, neuf mois fait ses dents et pleure aussi.
  • le troisième commence à manger seul mais vient de renverser son assiette.
  • Pour couronner le tout, le plus grand demande le pot !

Vous l’aurez compris, être assistante maternelle ça ne s’improvise pas. Notre formation nous permet de réagir à ce genre de situation. En étant agréé(e) nous pouvons aussi demander des conseils à notre puéricultrice réfèrente. Nous fréquentons aussi des structures d’accueil qui nous sont uniquement réservées : associations et Relais d’Assistant(e) Maternelle. Nous y rencontrons des collègues qui peuvent nous apporter leur soutien dans le respect du secret professionnel bien sûr. Si nous rencontrons des soucis d’ordre administratifs nous pouvons nous tourner vers les syndicats. Et pour finir, en cas de gros soucis nous sommes assurées.

Une garantie de bien être et de sécurité

En conclusion, choisir une assistant(e) maternelle agréé(e) plutôt qu’une personne qui ne l’est pas, c’est l’assurance de confier son enfant à un(e) professionel(le) motivé(e), formé(e) et prêt(e) à faire face à toutes les situations. Mais il faut le dire aussi , ce qui fait le coeur de notre métier ce sont heureusement les journées « bonheur » : elles débordent de premières fois, d’affection, de moments partagés, de rires… jusqu’à ce qu’ils nous quittent un matin de septembre pour d’autres aventures.