Un casse tête japonais !

Paroles d’expatriés, faire garder son enfant au Japon n’est pas une mince affaire ! Plusieurs raisons à cela.

Une demande qui évolue plus vite que l’offre.

Pendant longtemps le modèle social, très traditionnel, imposait que les femmes restent à la maison pour garder les enfants. Cependant depuis le milieu du 20ème siècle de plus en plus de mères travaillent, il a alors fallu trouver des solutions. Juste après la deuxième guerre mondiale une loi est promulguée afin d’organiser les gardes d’enfants : « la loi concernant l’assistance publique à l’enfant ». Cela a permis la création de crèches agréées mais cela n’est pas suffisant car le nombre de crèche est resté nettement inférieur à aux besoins.

Une loi restrictive.

Les directives sont très claires en ce qui concerne l’âge des enfants, le temps maximum passé en crèche ainsi que l’accès des familles aux structures.  Afin de préserver aux maximum le lien entre la mère et l’enfant, les bébés de moins de trois mois sont en général refusés. Pour la même raison les enfants ne doivent pas rester en garde plus de 8 heures d’affilées.

On comprend facilement le désarroi des familles quand on se rend compte du décalage avec les horaires habituels des entreprises japonaises. Il n’est pas rare de terminer le travail après 20h voire 22h. Comment dans ces conditions concilier emploi et vie familiale ?

Un paradoxe.

« Le principe national de l’éducation préscolaire » qui oriente les professionnels de la petite enfance est en contradiction avec les exigences du monde de l’entreprise.  Il s’agit d’une éducation principalement basée sur le jeu et par laquelle les enfants sont encouragés à « réfléchir à leur façon » ou encore à « s’intéresser », à « éprouver de la joie ». Tout au long de leur petite enfance les enfants japonais sont instruits dans leur individualité. En âge scolaire puis ensuite en tant qu’adultes ils sont parachutés dans une société ou l’on nie cette individualité au profit du bien commun.

Le modèle français.

Que ce soit sur la forme ou sur le fond, c’est à dire sur les structures ou les principes d’éducation, le Japon a encore des progrès à faire. Etrangement c’est le modèle français qui sert d’exemple. En 2010 une délégation de responsables japonais de la petite enfance est venue visiter nos crèches !  Plus fort encore : tous les instituteurs en école maternelle doivent avoir lu un livre de Jean Jacques Rousseau « Emile ou de l’éducation »

Il n’y a pas d’assistantes maternelles au japon, mais qui sait, peut être est-ce le moment de s’exporter ?