La petite enfance en Allemagne, copie revue et corrigée

Avec un taux de natalité en baisse et une plus grande difficulté à avoir une  carrière pour les femmes, l’Allemagne a dû revoir sa politique concernant la petite enfance.

Un système à l’ancienne

 

Le pays gardait encore les séquelles de l’après guerre. Il suivait encore un modèle à l’ancienne en ce qui concerne la garde des enfants de moins de 3 ans. La femme restait souvent à la maison car elle n’avait pas le choix. En effet les jardins d’enfants fermaient pour le déjeuner, elles devaient donc aller chercher l’enfant pour le ramener l’après midi.

Cependant petit à petit les choses changent. Ces dernières années le gouvernement a fait voter une loi pour encourager et réformer la garde des enfants de moins de 3 ans, la « KiföG, Kinderförderungsgestez ».  Le système s’organise : de plus en plus de garderies, jardins d’enfants ou autres crèches, proposent des places à la journée repas inclus.

Et les assistantes maternelles ?

Les places sont rares en crèches et ne correspondent pas toujours aux horaires des parents car la plupart ferment à 16h30.

Les « Taggesmutter » = assistantes maternelles permettent une plus grande amplitude horaire, un peu comme en France. Elles doivent être formées et avoir une licence officielle, délivrée par le « Jugendamt » qui est l’équivalent de la PMI. Elles peuvent ensuite garder des enfants à leur domicile voire même travailler à plusieurs.

Les annonces sont regroupées sur des sites spécialisés. Les tarifs horaires laissent pantois, du simple au double ! Sur un même site on peut voir des tarifs allant de 1,50 € à 12 voire 15 € de l’heure !!!

Car elles sont présentées au coté d’annonces très différentes. Les « Taggesmutter » officielles et les nounous,  babysitter se partagent les mêmes pages. Ainsi on passe de l’annonce d’une personne expérimentée et agréée avec 15 ans d’expérience, à celle de la jeune fille russe de 20 ans sans expérience mais qui demande seulement 1,50 €/heure.

De quoi surprendre mais au moins le choix est large.

Les bases de l’apprentissage

Le système éducatif allemand repose sur un principe que l’on pourrait qualifier de « Montessorien ». De la petite enfance aux études supérieures on applique la notion de « Bildung » qui pourrait se traduire par le développement de soi.

L’enfant n’acquière pas seulement un savoir mais aussi la capacité de se développer personnellement et à son propre rythme. Il participe activement aux apprentissages, il n’est pas passif.

Ce courant de pensée fut développé par un philosophe Prusse dans les années 1800 puis plus tard étudié et discuté par un autre philosophe, Nietzche. L’Allemagne est donc un précurseur en la matière puisque cette philosophie, très proche de celle de Maria Montessori, est aussi plus ancienne.

Le renouveau

Forts d’une philosophie qui fait encore ses preuves de nos jours, délivrés du carcan de traditions qui n’ont plus lieu d’être et soutenus par une volonté gouvernementale, les professionnels de la petite enfance en Allemagne semblent prêts à affronter l’avenir.